
En ma qualité de Président de la Sous-Commission de Communication de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, j’ai suivi avec une profonde inquiétude et une vive indignation la vidéo récemment diffusée sur les réseaux sociaux, enregistrée par une caméra de surveillance à l’intérieur d’une salle de classe, montrant un enseignant en train de frapper violemment un élève mineur, le tirant brutalement de sa chaise et le traînant sur le sol de la classe dans une scène choquante et attentatoire à la dignité humaine.
Tout en exprimant ma condamnation et ma réprobation les plus fermes face à cet acte odieux, je déplore également l’état de paralysie quasi totale dans lequel se trouve actuellement la Commission Nationale des Droits de l’Homme, en raison de la faiblesse du rendement de son président actuel et de son silence, frôlant parfois la complaisance, face à ce type de crimes et à d’autres violations humiliantes de la dignité humaine.
Je rappelle que de tels actes constituent une violation flagrante des droits de l’homme en général et des droits de l’enfant en particulier. Ils contreviennent aux engagements internationaux souscrits par l’État mauritanien, notamment par la ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989, de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, ainsi que de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, sans oublier les textes nationaux en vigueur, en particulier la loi n°2018-024 relative à la protection de l’enfant et la loi n°2020-017 relative à l’éducation nationale, qui interdisent expressément toutes les formes de violence physique ou psychologique à l’encontre des enfants au sein des établissements scolaires.
Conformément aux missions qui me sont confiées par la loi organique n°2017-016 instituant la Commission Nationale des Droits de l’Homme, et soucieux de préserver la dignité humaine et de protéger les catégories vulnérables, je :
1. Demande aux autorités publiques compétentes, judiciaires et administratives, d’ouvrir une enquête immédiate et indépendante sur cet incident, de déterminer avec précision les responsabilités et d’appliquer les sanctions légales appropriées à toute personne reconnue coupable de ce comportement honteux.
2. Appelle le Ministère de l’Éducation nationale et de la Réforme du système éducatif à prendre des mesures disciplinaires et pédagogiques strictes, et à réviser les programmes de formation des enseignants afin d’y ancrer une culture du respect mutuel et du traitement humain des élèves.
3. Rappelle à l’État mauritanien son devoir de mettre en œuvre les dispositions des conventions et traités internationaux qu’il a signés et ratifiés, notamment en garantissant la protection des enfants contre toutes les formes de violence et de maltraitance, que ce soit à la maison, à l’école ou dans les espaces publics.
4. Exhorte les organismes internationaux et régionaux compétents en matière de droits de l’homme et des droits de l’enfant à appuyer les efforts nationaux visant à promouvoir la culture de l’éducation aux droits de l’homme en milieu scolaire, à travers l’appui technique, la formation et le suivi régulier de la mise en œuvre des engagements internationaux y afférents.
Cet incident, bien qu’il puisse paraître isolé, suscite une vive inquiétude quant à la réalité du climat éducatif et des relations au sein des établissements scolaires, ce qui rend nécessaire l’élaboration d’une politique nationale globale de lutte contre la violence scolaire, intégrant les dimensions juridiques, éducatives, psychologiques et sociales.
Je réaffirme ma position constante aux côtés de toutes les victimes d’injustice, en particulier les enfants victimes de violence et de mauvais traitements, et je confirme mon engagement à surveiller de tels abus, à rédiger des rapports à leur sujet et à les transmettre aux autorités nationales et aux instances internationales compétentes, conformément à mes responsabilités légales et à la mission morale qui m’incombe.
Aly Mohamed Ould Abnou
Président de la Sous-Commission de Communication
de la Commission Nationale des Droits de l’Homme
Fait à Nouakchott, le 21 octobre 2025













