
En ma qualité de Président de la Commission de communication de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), j’ai suivi de près le déroulement du procès de l’ancien Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, dans l’une des affaires judiciaires les plus marquantes de ces dernières années en Mauritanie.
Au vu du parcours procédural dans son ensemble, des moyens de défense dûment documentés présentés par ses avocats, et conformément à la déclaration de l’ancien Président de la CNDH, Maître Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni, qui a souligné que « tout accusé, quel qu’il soit, doit être jugé conformément aux règles du procès équitable prévues par les instruments internationaux », je tiens à affirmer, en toute clarté, que le procès de l’ancien Président n’a pas été équitable, au regard des garanties fondamentales exigées par la loi.
Ce procès a été entaché de multiples irrégularités, notamment au niveau de l’instruction, de la détention préventive prolongée, du droit à une communication libre avec ses avocats, et du déséquilibre manifeste entre le parquet et la défense quant à la présentation publique du dossier et l’accès équitable aux moyens de défense. Ces manquements, maintes fois dénoncés par les avocats de la défense, soulèvent de sérieuses préoccupations quant au respect des principes de justice.
En tant que Président de la Commission de communication de cette institution constitutionnelle indépendante, et dans le cadre de mes responsabilités légales, je rappelle que la justice ne se mesure pas à l’issue du procès, mais bien au respect de la procédure, à l’équité et au respect total des droits de la défense.
L’absence de garanties d’un procès équitable dans cette affaire constitue ainsi un recul grave sur les plans juridique et des droits humains, qu’il convient de reconnaître et de corriger sans délai.
Dans cet esprit, j’appelle les autorités compétentes à évaluer ce processus avec objectivité et sens des responsabilités, et à œuvrer pour le renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire, gage fondamental de l’État de droit et de la confiance dans ses institutions.
Nouakchott, le 14 /05 /2025
Aly Mohamed Ould Abnou
Président de la Sous-Commission de communication
Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH














